IA53 — Ce qu'on peut coller dans une IA en 30 min
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Les 9 onglets sont ouverts — les six leçons, le récapitulatif avec son étude de cas, le glossaire et l'évaluation finale. Chaque leçon embarque son outil intégré entièrement fonctionnel, son cas pratique corrigé et son quiz, à l'identique de l'espace apprenant. Choisissez une leçon dans les onglets, et basculez à volonté entre la vue illustrée, faite de schémas et de graphiques, et la vue écrite, qui porte le texte complet. La vidéo de chaque leçon se trouve en fin de vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance, aux côtés du contenu, de l'outil, de l'exercice et du quiz.
Ce qu'on peut coller dans une IA en 30 min
Sept leçons pour arrêter de deviner : trier en trois couleurs ce qu'un texte peut laisser sortir, savoir quel article suisse classe chaque élément, couper l'entraînement en trois minutes, chiffrer ce que coûtent les trois façons de s'équiper, vérifier où partent vos textes, inspecter un fichier avant de le déposer, et repartir avec la charte d'une page.
« Anonymisez autant que possible. »
Voilà ce qu'on obtient tout seul.
La question « puis-je coller ça dans une IA ? » reçoit partout la même réponse raisonnable et creuse. Elle ne cite aucun article suisse, ne chiffre rien, et ne produit pas une ligne de texte utilisable. Cette leçon produit les trois.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Nommer la loi qui s'applique en Suisse, et l'amende encourue quand on la contourne.
Compétence 2
Chiffrer en minutes et en francs ce que coûte le tri à la main de ce qu'on peut coller.
Compétence 3
Produire un texte anonymisé, prêt à coller, avec le Trieur « puis-je coller ça ? ».
Proportionnalité — Tout traitement doit être conforme aux principes de la bonne foi et de la proportionnalité (art. Les autres mots du module sont au glossaire.
« J'ai collé un dossier de bouclement entier dans un assistant gratuit pour qu'il me sorte un résumé de situation. Dix minutes gagnées. Le soir, j'ai réalisé que le numéro AVS du client, son IBAN et le motif de son arrêt de travail étaient partis avec. Je ne savais même pas à qui demander ce que ça voulait dire. » — Yves Bonvin, mandataire, Fiduciaire Perruchoud & Cie Sàrl, Sierre.
Section 01La question, et la réponse qu'on obtient tout seul
La question est celle de tout le monde : « est-ce que je peux coller des données de mes clients dans une IA ? » Voici le genre de réponse qu'on obtient. C'est une réponse type, représentative de ce que rendent les assistants grand public — y compris les moins établis et les moins précis. Elle n'est attribuée à aucun produit, et c'est volontaire : ce qui suit vaut pour la famille entière, pas pour une marque.
« Puis-je coller des données de mes clients dans une IA ? »
« Oui, c'est possible, mais quelques précautions s'imposent.
1. Anonymisez autant que possible. Remplacez les noms, adresses et identifiants par des libellés génériques avant de coller votre texte.
2. Évitez les données sensibles. Données de santé, coordonnées bancaires, informations concernant des mineurs : ne les partagez pas avec un service en ligne.
3. Lisez les conditions d'utilisation. Vérifiez si vos échanges peuvent servir à entraîner le modèle, et désactivez cette option si elle existe.
4. Privilégiez une offre professionnelle. Les versions entreprise offrent en général de meilleures garanties de confidentialité que les versions gratuites.
5. Respectez le RGPD. Assurez-vous que votre traitement repose sur une base légale, informez les personnes concernées et limitez la collecte au strict nécessaire.
6. Mettez en place une charte interne. Définissez avec vos équipes ce qui peut être partagé et ce qui ne doit pas l'être.
En cas de doute, abstenez-vous ou consultez un juriste spécialisé. »
Rien n'est absurde, et c'est ce qui la rend coûteuse. Trois choses manquent, et elles se voient en une lecture. Le droit : le texte applicable à une entreprise suisse n'est pas le RGPD, c'est la LPD révisée, en vigueur depuis le 1er septembre 2023 ; et « évitez les données sensibles » n'est pas une intuition, c'est une liste fermée de six catégories à l'art. 5 let. c LPD. Le chiffre : « autant que possible » ne se mesure pas, donc ne se vérifie pas. Le livrable : à la fin de la lecture, vous n'avez toujours pas un texte que vous puissiez coller.
Le piège de « anonymisez autant que possible »
Un conseil sans outil ne se fait pas. Relire un dossier à la main pour en sortir les noms et les numéros prend cinq minutes ; sur six dossiers par semaine, cela fait trente minutes — exactement le temps que le conseil promettait de faire gagner. Alors personne ne le fait, et tout part tel quel.
Près d'un salarié sur deux a déjà déposé des informations de son entreprise dans une IA publique
Près d'un salarié sur deux l'a déjà fait
Un anneau à deux parts : 48 sur 100 des personnes en emploi déclarent avoir déjà déposé des informations de leur entreprise — financières, commerciales ou clients — dans un outil d'IA public ; 52 sur 100 ne l'ont pas fait. Enquête University of Melbourne et KPMG d'avril 2025, 32 352 personnes en emploi sur 48 340 répondants, 47 pays dont la Suisse.
Section 02Le tri, chiffré en minutes et en francs
Le calcul, sur les bouclements d'Yves
Six dossiers par semaine. Coller le dossier entier fait gagner dix minutes par dossier, soit une heure par semaine. Trier à la main ce qui peut sortir coûte cinq minutes par dossier, soit trente minutes : il ne reste que trente minutes de gain, et c'est pour cela qu'Yves ne trie pas. Le Trieur ramène ces cinq minutes à dix secondes — une minute par semaine au lieu de trente, soit 23 heures rendues par an sur 47 semaines travaillées, environ 910 francs à 40 francs de l'heure (7 024 francs bruts par mois divisés par 173,6 heures mensuelles, OFS 2024).
Le coût de l'inverse : interdire sans donner d'outil
C'est mesuré, et le résultat est contre-intuitif : dans la même enquête de 48 340 personnes, le dépôt d'informations d'entreprise dans une IA publique est le plus fréquent là où l'IA générative est interdite — 67 % —, contre 33 % là où il n'existe aucune règle. L'interdiction ne supprime pas le geste, elle le déplace : le collaborateur colle depuis son natel, sur un compte personnel, et l'entreprise perd jusqu'à la trace de ce qui est sorti.
C'est là où l'IA est interdite qu'on y dépose le plus d'informations d'entreprise
Interdire ne fait pas baisser le geste, au contraire
Quatre colonnes, une par règle en vigueur, sur une échelle de 0 à 80 sur 100. Là où l'IA générative est interdite : 67 sur 100. Là où une politique existe : 56. Chez ceux qui ne savent pas ce qui s'applique : 38. Là où il n'y a aucune politique : 33. La colonne la plus haute est celle de l'interdiction, et c'est le résultat que personne n'attend.
Section 03Les 4 gestes d'un copier-coller propre
Puis-je coller ça ? — les deux questions qui décident de la couleur
L'arbre de décision du Trieur, en deux questions
Un arbre de décision. Au départ, le texte qu'on s'apprête à coller. Premier losange : contient-il un fait de santé, un numéro AVS, un IBAN, un salaire, une marge ou une clé d'accès ? Si oui, la branche mène au rouge — on ne colle pas, on reformule sans l'élément ou l'on passe au modèle local. Si non, second losange : contient-il un nom, une adresse, une date de naissance, un courriel ou une plaque ? Si oui, la branche mène à l'orange — on remplace, on colle la version nettoyée, la légende reste à la maison. Si non, la branche mène au vert : on colle tel quel, après une relecture.
Repérer, retirer, remplacer, garder la légende
Ce n'est pas une méthode maison. Le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence l'écrit dans ses exemples pratiques : « renoncez à utiliser les services ou, si cela est possible pour l'utilisation concrète, supprimez les données personnelles avant de saisir votre demande dans un programme basé sur l'IA ». Les quatre gestes ci-dessus sont la traduction opérationnelle de cette phrase, et l'outil de la section suivante en fait l'affaire de dix secondes.
Section 04Votre outil : le Trieur « puis-je coller ça ? »
Le problème qu'il résout : décider en trois secondes, au lieu de cinq minutes, ce qu'un texte professionnel peut laisser sortir. Comment s'en servir : collez ou décrivez votre contenu dans le cadre, lisez le verdict en trois couleurs, puis copiez la version nettoyée. Tout se passe dans votre navigateur : le texte ne part nulle part, ni chez Dé Click ni ailleurs — il n'y a aucun envoi dans cette page, et vous pouvez couper votre connexion pour le vérifier.
Section 05Cas : le paragraphe de bouclement d'Yves
Yves s'apprête à coller ceci dans un assistant gratuit. Votre mission : collez ce texte dans le Trieur ci-dessus et lisez le verdict avant d'ouvrir le corrigé — « Dossier Dupraz SA, Rue du Bourg 14, 1950 Sion. Contact : Madame Sylvie Dupraz, née le 12.03.1978, n° AVS 756.1234.5678.97, IBAN CH93 0076 2011 6238 5295 7. Elle est en arrêt de travail depuis le 8 septembre pour une opération du dos ; son certificat médical court jusqu'au 31 octobre. Merci de me résumer sa situation de salaire pour le bouclement. »
Voir la correction
Rouge — et le rouge ne vient pas du nom, il vient du dos
Ce que l'outil affiche. Verdict ROUGE, avec quatre familles nommées et leur article : un numéro AVS dont la clé de contrôle est valide et un IBAN dont le modulo 97 tombe juste (art. 6 al. 2 LPD, proportionnalité — ni l'un ni l'autre ne sert à résumer une situation de salaire) ; un fait de santé, trois fois (« arrêt de travail », « opération », « certificat médical »), qui est une donnée sensible au sens de l'art. 5 let. c ch. 2 LPD ; et un élément de dossier du personnel (« salaire »), que l'art. 328b CO n'autorise à traiter que dans la mesure utile à l'emploi. Plus bas, cinq remplacements orange : la raison sociale, le nom de la personne, l'adresse, le NPA avec sa localité, la date de naissance.
Ce qu'Yves croyait, et qui est faux. Il pensait que le problème était le nom. Le nom est orange : il se remplace, et « Client A » suffit. Ce qui fait basculer au rouge, c'est le motif de l'absence — un fait de santé, catégorie 2 de la liste fermée de l'art. 5 let. c LPD. Aucun remplacement ne le rend acceptable : on ne pseudonymise pas une opération du dos, on la retire.
La version verte, et elle tient en une phrase. « Client A ; contact : Personne A. Absence du 8 septembre au 31 octobre. Merci de me résumer la situation de salaire pour le bouclement. » L'IA n'a jamais eu besoin de savoir pourquoi cette personne est absente : seules les dates entrent dans un calcul de salaire. La demande n'a pas perdu un gramme d'utilité, et la légende — Client A = Dupraz SA, Personne A = Madame Sylvie Dupraz — reste dans le dossier du mandat.
Ce que l'outil ne fait pas, et qu'il faut dire. Il ne connaît pas votre métier. « Le chantier des Épineys » n'est pour lui qu'un nom de lieu ; c'est peut-être, pour vous, la soumission de l'année. Il ne lit pas non plus les pièces jointes — un fichier téléversé échappe entièrement à ce tri, et c'est l'objet de la leçon 06. Un outil de détection réduit l'erreur d'inattention, il ne remplace pas la relecture de celui qui sait ce qu'il envoie.
« Je mets juste les initiales, ça suffit »
Une date de naissance, un code postal et une profession suffisent souvent à ré-identifier une personne dans une commune de quelques milliers d'habitants : les initiales ne protègent rien dès que le reste du contexte est là. C'est exactement pourquoi le Trieur classe la date de naissance et la localité en orange et les remplace, au lieu de les laisser passer.
Ce que l'erreur a pour elle, quand même. Sur une note strictement interne qui ne sort pas de la maison, les initiales coûtent trois secondes et rendent le texte plus lisible qu'une pluie de « Client A ». Le geste n'est donc pas à bannir : il est à réserver à ce qui ne quitte pas l'entreprise — et une IA grand public, par définition, la quitte.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Quelle loi s'applique quand une entreprise suisse colle des données de ses clients dans une IA ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Avant votre prochain copier-coller vers une IA, passez le texte dans le Trieur et comptez ce qu'il trouve : vous saurez ce que vous envoyiez jusqu'ici sans le voir.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- La loi applicable en Suisse est la LPD révisée, en vigueur depuis le 01.09.2023 — pas le RGPD.
- Les données sensibles sont une liste fermée de six catégories (art. 5 let. c LPD), pas une appréciation.
- Ce qui se remplace est orange ; ce qui ne se remplace pas — santé, AVS, IBAN, secret, clés — est rouge.
- L'amende va jusqu'à 250 000 francs, sur plainte, et vise la personne privée (art. 61 LPD).
- Trente minutes de tri par semaine deviennent une minute : c'est ce qui rend le geste tenable.
Un conseil se lit. Un texte nettoyé se colle.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Onze minutes de tri, exemple par exemple : ce qui se colle dans une IA au travail et ce qui ne s'y colle jamais. C'est la grille de cette leçon vue par le bout de l'interdit — le Trieur de la section 04, lui, répond dans les deux sens et vous rend le texte nettoyé. Langue : français.
Ce qu'il ne faut JAMAIS mettre dans ChatGPT au travail !
Dix familles, dix articles.
La ligne ne se devine pas, elle se lit.
Trois de ces familles se remplacent et la demande garde tout son sens. Sept ne se remplacent pas : elles sortent. Chacune porte l'article qui la classe — et la réponse revient ensuite avec les vrais noms, en un clic.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Classer un élément d'un texte professionnel en vert, orange ou rouge, et citer l'article qui le classe.
Compétence 2
Distinguer le secret professionnel pénal de l'art. 321 CP du secret d'affaires de l'art. 162 CP.
Compétence 3
Remettre les vrais noms dans une réponse anonymisée, sans erreur, avec le Carnet de correspondance.
Secret d'affaires (art. 162 CP) — Révéler un secret de fabrication ou un secret commercial qu'on est tenu de garder en vertu d'une obligation légale ou contractuelle est puni, sur plainte, d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire. Les autres mots du module sont au glossaire.
« J'avais bien remplacé les noms avant d'envoyer. La réponse est revenue sur trente lignes, avec Client A, Client B et Client C partout. J'ai remis les vrais noms à la main, et j'ai interverti B et C. Le courrier est parti. C'est le seul de mes copier-coller qui m'a vraiment coûté quelque chose. » — Sonia Crettaz, secrétaire de direction, Fiduciaire Perruchoud & Cie Sàrl, Sierre.
Section 01« Sensible » n'est pas une impression, c'est une liste
La plupart des gens classent au feeling : un salaire leur paraît plus grave qu'une adresse, un nom moins grave qu'un numéro. Le droit suisse ne fonctionne pas ainsi. Il pose d'abord une définition très large — est une donnée personnelle toute information concernant une personne physique identifiée ou identifiable (art. 5 let. a LPD) —, puis il isole six catégories seulement comme sensibles (art. 5 let. c LPD). Entre les deux, plusieurs textes hors LPD viennent verrouiller ce qui relève de l'emploi (art. 328b CO) et ce qui relève du secret (art. 162 et 321 CP).
La conséquence pratique est nette : il n'est pas nécessaire qu'un texte nomme quelqu'un pour qu'il contienne des données personnelles. Une date de naissance, un code postal et une profession suffisent souvent à désigner une seule personne dans une commune de mille habitants — c'est l'identifiabilité, et c'est elle que la loi vise. Et quand la révélation touche un secret professionnel ou un secret d'affaires, ce n'est plus l'entreprise qui répond : c'est la personne qui a collé, sur plainte, au pénal.
Le « délai de 72 heures » n'existe pas en droit suisse
C'est la réponse la plus fréquemment servie, et elle vient du droit européen. L'art. 24 al. 1 LPD dit « dans les meilleurs délais », sans chiffre, et l'annonce va au PFPDT, l'autorité suisse. Un chiffre faux dans une procédure interne est pire qu'une absence de chiffre : il rassure.
Sur les dix familles, quatre se remplacent et six sortent de la demande
Quatre familles sur dix se remplacent, six sortent
Une barre unique divisée en deux parts, sur un total de dix familles. Quatre en orange : nom et raison sociale, adresse et localité, date de naissance, coordonnées et plaque — elles se remplacent par une étiquette au titre de l'art. 5 let. a LPD. Six en rouge : santé, numéro AVS, IBAN, dossier du personnel, secret d'affaires, identifiants — elles sortent de la demande. Quatre plus six font dix.
Section 02Remettre les noms, chiffré en minutes
Le calcul, sur les courriers de Sonia
Douze courriers par semaine préparés avec l'aide d'une IA, quatre noms à remettre dans chacun. À la main, en relisant pour ne pas intervertir, cela prend trois minutes par courrier : 36 minutes par semaine. Le Carnet de correspondance le fait en un clic, sans erreur d'interversion — deux minutes par semaine, soit 27 heures rendues par an sur 47 semaines, environ 1 080 francs à 40 francs de l'heure (7 024 francs bruts par mois ÷ 173,6 heures, OFS 2024).
Le coût de l'inverse : garder la légende dans la conversation
Écrire « Client A = Dupraz SA » dans le fil pour ne pas l'oublier annule tout le travail : la correspondance part avec le reste, et le texte redevient nominatif. La légende n'a de valeur que là où l'IA ne va pas — un fichier de votre dossier, ou cette page, qui n'envoie rien.
L'aller-retour complet, sans qu'un seul vrai nom ne sorte
L'aller-retour, en quatre temps
Une chaîne de quatre étapes. Un : trier le texte, ce qui produit la version nettoyée et la légende. Deux : demander à l'IA, en pseudonymes. Trois : recevoir la réponse, toujours en pseudonymes. Quatre : remettre les vrais noms avec le Carnet. Une flèche en pointillé rappelle que la légende reste au dossier et n'entre jamais dans la conversation.
Section 03Les dix familles, et l'article de chacune
Chaque famille, et le texte de loi qui la classe
Dix familles, deux régimes, quatre textes de loi
Un organigramme. À la racine, le texte qu'on va coller. Deux branches : orange, on remplace ; rouge, on sort. Sous l'orange, un seul article — art. 5 let. a LPD, pour le nom, l'adresse, la date de naissance, le courriel, le téléphone et la plaque. Sous le rouge, quatre articles distincts : art. 5 let. c ch. 2 LPD pour la santé, art. 6 al. 2 et art. 8 LPD pour le numéro AVS, l'IBAN et les clés, art. 328b CO pour le dossier du personnel, art. 162 CP pour le secret d'affaires. La LPD ne couvre pas tout, et c'est ce que montre la branche rouge.
Trois qui se remplacent, sept qui sortent
La précision que personne ne donne. Le secret professionnel pénal de l'art. 321 CP ne protège pas tout le monde : il vise une liste fermée — ecclésiastiques, avocats, notaires, conseils en brevet, contrôleurs astreints au secret par le Code des obligations, médecins, dentistes, pharmaciens, psychologues, infirmiers et quelques autres, avec leurs auxiliaires. Un fiduciaire ordinaire n'y figure pas. Ce qui l'oblige, lui, c'est son contrat, l'art. 162 CP pour le secret d'affaires de ses clients, et l'art. 62 LPD pour les données secrètes de sa profession. Dire « je suis tenu au secret professionnel » sans savoir lequel, c'est se croire couvert par un article qui ne vous cite pas.
Section 04Votre outil : le Carnet de correspondance
Le problème qu'il résout : remettre les vrais noms dans une réponse anonymisée sans en intervertir deux. Comment s'en servir : écrivez votre légende à raison d'une paire par ligne, collez la réponse reçue, puis cliquez sur « Remettre les vrais noms ». Le bouton « Masquer » fait l'inverse, pour relancer une question sur le même dossier. Rien ne sort de cette page : la légende n'est ni envoyée ni enregistrée — elle disparaît quand vous fermez l'onglet.
Section 05Cas : la réponse qui revient avec trois pseudonymes
Sonia a posé sa question sur trois dossiers anonymisés et reçoit la réponse ci-dessous. Votre mission : dans le Carnet, écrivez la légende Client A = Dupraz SA, Client B = Menuiserie Rion Sàrl, puis collez la réponse — « Pour Client A, le délai de paiement court jusqu'au 15 octobre. Pour Client B, un rappel est déjà parti. Pour Client C, aucune facture n'est ouverte. » — et cliquez sur « Remettre les vrais noms » avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
Deux remplacements, et un avertissement qui vaut plus que les deux
Ce que l'outil affiche. Le texte revient avec « Dupraz SA » et « Menuiserie Rion Sàrl » à la place de Client A et Client B, et le verdict passe en orange : « ⚠ 2 remplacements effectués, mais Client C ne figure pas dans votre légende. » C'est précisément la situation qui a coûté un courrier à Sonia : un pseudonyme de plus dans la réponse que dans la légende. Le Carnet ne devine pas qui est Client C — il refuse de faire semblant, et il le dit.
Pourquoi Client C existe. Deux causes, et il faut savoir laquelle avant de corriger. Soit la légende est incomplète : un troisième dossier était bien dans la demande et n'a pas été noté. Soit l'IA a inventé un troisième client parce que la question en appelait trois — cela arrive, et la phrase « aucune facture n'est ouverte » est exactement le genre d'affirmation que produit un modèle à court de matière. Dans les deux cas, la bonne réaction est la même : on remonte à la demande d'origine avant d'envoyer quoi que ce soit.
Le bouton « Masquer », et le moment où il sert. Sonia veut poser une question de suivi sur le même dossier. Plutôt que de reprendre le nettoyage depuis zéro, elle colle son brouillon nominatif et clique sur « Masquer » : la même légende joue à l'envers, « Dupraz SA » redevient « Client A ». Un aller-retour complet, sans qu'un seul vrai nom ne quitte la page.
Ce que l'outil ne fait pas. Il ne juge pas la réponse. Si l'IA s'est trompée de montant ou de date, le Carnet remettra les vrais noms sur une information fausse, et le courrier sera parfaitement nominatif et parfaitement inexact. Remettre les noms est un travail de forme ; la vérification du fond reste entière — et c'est d'ailleurs pour cela que le verdict compte les remplacements plutôt que de dire « c'est bon ».
Écrire la légende dans la conversation « pour ne pas l'oublier »
Poser « Client A = Dupraz SA » dans le fil de discussion rend tout le nettoyage inutile : la correspondance part avec le reste, et le texte redevient nominatif du côté du fournisseur. C'est l'équivalent exact de coller le nom directement.
Ce que le réflexe a pour lui. Il vient d'un vrai besoin : sur un dossier suivi pendant trois semaines, une légende oubliée fait perdre bien plus de temps qu'elle n'en a fait gagner. La réponse n'est donc pas de renoncer à l'écrire, mais de l'écrire ailleurs — une ligne dans le dossier du mandat, à côté des pièces, là où elle sera retrouvée sans jamais sortir de la maison.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Un texte ne cite aucun nom, mais donne une date de naissance, un code postal et une profession. Contient-il des données personnelles au sens de la LPD ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Ouvrez votre dernier échange avec une IA et cherchez-y un seul élément des dix familles : vous saurez tout de suite si votre pratique tient ou non, et lequel des dix articles vous concerne.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- La loi vise la personne identifiée ou identifiable : un nom n'est pas nécessaire (art. 5 let. a LPD).
- Six catégories seulement sont sensibles, et la santé en fait partie (art. 5 let. c LPD).
- Le dossier du personnel est borné par l'art. 328b CO, pas par la LPD seule.
- Le secret professionnel pénal (art. 321 CP) ne couvre qu'une liste fermée de professions.
- La légende se garde hors de la conversation, sinon le remplacement n'a servi à rien.
Ce n'est pas le nom qui trahit, c'est ce qu'on met à côté.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Dix minutes sur le geste qui précède le copier-coller : retirer les noms d'un fichier client avant de l'ouvrir à une IA, puis les remettre sur la réponse. C'est exactement ce que le Carnet de correspondance organise. Réserve de cadre : la vidéo raisonne RGPD ; les dix familles de cette leçon et l'article de chacune sont ceux de la LPD suisse. Langue : français.
Tes données clients dans l'IA ? Surtout, fais ça avant.
Trois minutes de réglages.
Et trois pièges que personne ne vous dit.
Couper l'entraînement sur vos conversations est gratuit et prend trois minutes dans chacun des trois grands assistants. Ce qui prend plus longtemps, c'est de comprendre ce que le réglage ne fait pas — et c'est justement là que se trouve le risque.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Atteindre le réglage d'entraînement des trois grands assistants par son chemin de menu exact.
Compétence 2
Citer les trois limites que ces réglages ne lèvent pas, chiffres de conservation à l'appui.
Compétence 3
Produire un relevé daté des réglages du bureau, à ranger au dossier, avec la Check-list.
Communication — Le fait de transmettre des données personnelles ou de les rendre accessibles (art. Les autres mots du module sont au glossaire.
« Un client m'a demandé, en séance : "vous utilisez l'IA pour mes comptes ? Elle apprend sur mes chiffres ?" J'ai répondu que non, sûrement pas. En rentrant, j'ai ouvert les réglages de nos comptes pour la première fois. Je n'avais pas menti par mauvaise foi : je n'en savais simplement rien. » — Nathalie Perruchoud, associée-gérante, Fiduciaire Perruchoud & Cie Sàrl, Sierre.
Section 01Le réglage existe, il est gratuit, et il n'est pas coché
Les trois grands assistants grand public proposent tous un interrupteur qui exclut vos conversations de l'entraînement de leurs modèles. Il ne coûte rien, il se trouve en trois minutes, et il est par défaut du mauvais côté dans les versions gratuites. En Suisse, le constat de terrain est net : dans une étude menée auprès de 300 PME alémaniques et romandes, seul un tiers des entreprises qui utilisent l'IA dispose d'une règle claire de protection des données pour ces applications — et seulement 23 % chez les entreprises de cinq à neuf collaborateurs.
Le vrai sujet de cette leçon n'est pourtant pas l'interrupteur. C'est ce qu'il ne fait pas, et que chaque éditeur écrit noir sur blanc dans sa propre documentation, sans que personne n'aille le lire. Couper l'entraînement n'efface pas l'historique. Couper l'entraînement ne veut pas dire que plus rien n'est conservé. Et chez un des trois, les conversations qui ont été relues par un humain survivent à la suppression de votre activité. Un dirigeant qui répond « c'est réglé » à son client sans connaître ces trois points répond de bonne foi, et il se trompe.
Une PME suisse sur trois seulement a une règle écrite pour l'IA
Une PME suisse sur trois a une règle écrite
Un anneau à deux parts : 33 sur 100 des entreprises suisses qui utilisent l'IA disposent d'une règle claire de protection des données pour ces applications, 67 sur 100 n'en ont pas. Étude AXA Suisse et Sotomo, 300 PME alémaniques et romandes, terrain du 3 au 10 mars 2025. Chez les entreprises de cinq à neuf collaborateurs, la part descend à 23 sur 100.
Le piège du pouce levé
Chez un des trois éditeurs, la documentation prévient que si vous notez une réponse après vous être désinscrit de l'entraînement, toute la conversation associée à ce retour peut malgré tout servir à entraîner les modèles. Le réglage tient tant que vous ne donnez pas d'avis. C'est le genre de détail qu'aucune réponse générique ne contient, et qui change le geste : on coupe l'entraînement, et on arrête de cliquer sur les pouces.
Ce que le réglage ne coupe pas : trois durées de conservation, en mois
Trois durées de conservation, ramenées aux mois
Trois barres horizontales sur une même échelle, de 0 à 44 mois. Première barre, presque invisible : 72 heures, soit 0,1 mois — c'est ce qui reste enregistré même lorsque le réglage « Conserver l'activité » est désactivé. Deuxième barre : 18 mois, la suppression automatique par défaut. Troisième barre, la plus longue : 36 mois, soit trois ans, pour les discussions examinées par des réviseurs humains — celles-là ne sont pas supprimées quand on supprime son activité.
Section 02Trois minutes par compte, une fois
Le calcul, sur les onze comptes du bureau
Trois minutes par compte et par produit. Onze collaborateurs, deux assistants en usage réel : 66 minutes, une fois, soit 44 francs à 40 francs de l'heure (7 024 francs bruts par mois ÷ 173,6 heures, OFS 2024). Un contrôle de dix minutes tous les six mois suffit ensuite à tenir le relevé à jour — les éditeurs changent les libellés de leurs menus plus souvent que la loi ne change d'article.
Le coût de l'inverse : croire que le réglage règle tout
Un réglage coupé ne rend pas le contenu acceptable. Il empêche l'entraînement, pas la conservation, pas la relecture humaine, pas la communication à l'étranger (leçon 05). Un bureau qui coche les trois cases et continue de coller des certificats médicaux n'a rien protégé du tout : il a seulement une meilleure conscience.
Section 03Les trois chemins, relevés le 30 septembre 2026
Les trois chemins de menu, relevés le 29 septembre 2026
Les trois chemins de menu, empilés
Trois groupes, un par produit, chacun montrant son chemin de menu de gauche à droite. ChatGPT : Settings, puis Data controls, puis « Improve the model for everyone » sur arrêt. Gemini : gemini.google.com, puis Activité, puis « Conserver l'activité » sur Désactiver. Copilot grand public : Profil, puis Confidentialité, puis la formation sur l'activité conversationnelle et sur les conversations vocales — deux interrupteurs, pas un. La dernière case de chaque groupe est en orange : c'est celle sur laquelle on clique.
Les libellés changent : ceux-ci sont ceux du jour
Section 04Votre outil : la Check-list des réglages
Le problème qu'il résout : pouvoir répondre à un client, à un réviseur ou à un collaborateur sans supposer. Comment s'en servir : cochez ce que vous venez réellement de vérifier, indiquez le nombre de comptes concernés, puis copiez le relevé daté dans votre dossier. Rien ne sort de cette page : l'outil ne se connecte à aucun compte et ne vérifie rien à votre place — il enregistre ce que vous avez vu, avec sa date.
Section 05Cas : la réponse que Nathalie doit à son client
Nathalie a coupé le réglage de ChatGPT et celui de Gemini sur les onze comptes du bureau. Copilot est installé sur les postes mais personne n'a ouvert ses réglages, et l'équipe n'a pas été informée des limites. Votre mission : dans la Check-list, cochez les deux premières cases, laissez les autres vides, indiquez 11 comptes, et lisez le verdict avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
Orange — deux réglages sur quatre, et zéro limite connue
Ce que l'outil affiche. ORANGE — 2 réglages coupés sur 4, 0 limite connue sur 3. Le compte est juste et il pique : Copilot porte deux interrupteurs, pas un, et ils sont tous les deux ouverts. Le relevé produit le dit à la ligne près — « Copilot — Formation sur l'activité conversationnelle : NON VÉRIFIÉ », puis « Formation sur les conversations vocales : NON VÉRIFIÉ » — avec le chemin pour y aller.
Pourquoi la réponse au client reste inexacte. Nathalie voulait pouvoir dire « nos réglages sont coupés ». Elle peut dire « deux sur quatre ». Surtout, aucune des trois limites n'est connue de l'équipe : si un collaborateur lève le pouce sur une réponse pour dire qu'elle est bonne, la conversation entière peut repartir à l'entraînement malgré le réglage. Un bureau qui ignore ce point a coupé un interrupteur et laissé une porte.
Ce que le relevé ajoute, et que Nathalie n'avait pas. La date, l'échéance calculée à six mois, et les trois faits tirés de la documentation des éditeurs — dont les 18 mois de conservation par défaut chez Gemini et les trois ans des discussions relues par un humain. Devant un client, ces chiffres-là valent mieux qu'une promesse : ils montrent qu'on a lu, pas qu'on a coché.
Ce que l'outil ne fait pas. Il ne se connecte à rien et ne vérifie rien : il vous croit. Un collaborateur pressé qui coche les quatre cases obtient un vert immédiat et un relevé impeccable — parfaitement faux. C'est l'inconvénient assumé d'un outil qui ne touche à aucun de vos comptes, et il vaut mieux que l'inverse : un outil qui vérifierait vos réglages devrait d'abord avoir accès à vos comptes, ce qui est exactement ce que cette formation vous apprend à refuser.
Régler une fois, et considérer que c'est acquis
Les trois libellés cités dans cette leçon ont déjà changé de nom : l'interrupteur de Gemini ne s'appelle plus comme il y a un an, et l'offre professionnelle d'un des trois éditeurs a même changé de nom entre-temps. Un relevé sans date ni échéance est un relevé périmé qui s'ignore.
Ce que l'erreur a pour elle. Elle vient d'un bon réflexe : ne pas transformer une mesure de trois minutes en chantier permanent. La bonne mesure n'est donc pas de tout revérifier chaque mois, c'est l'échéance à six mois que l'outil inscrit lui-même dans le relevé — assez rare pour ne coûter presque rien, assez fréquente pour rattraper un changement de menu.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Vous désactivez le réglage d'entraînement de votre assistant. Qu'advient-il de vos conversations déjà enregistrées ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Ouvrez maintenant les réglages de l'assistant que vous utilisez le plus et regardez dans quel sens est l'interrupteur : vous saurez en trente secondes ce que vous répondez à votre prochain client qui pose la question.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Le réglage qui coupe l'entraînement est gratuit et se trouve en trois minutes dans les trois assistants.
- Il ne supprime pas l'historique, et chez Gemini l'activité reste 72 heures même coupé.
- Les discussions relues par un humain peuvent être conservées jusqu'à trois ans.
- Copilot porte deux interrupteurs, pas un : texte et voix se coupent séparément.
- Un relevé sans date ni échéance est périmé : les libellés de menu changent plus vite que la loi.
Couper l'entraînement, c'est trois minutes. Savoir ce que ça ne coupe pas, c'est la leçon.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Quinze minutes dans les réglages, mémoire comprise : où ils se trouvent, ce que chacun garde, comment on efface. Les trois chemins de la section 03 ont été relevés le 30 septembre 2026 ; une interface bouge, et la vidéo aide à retrouver l'écran quand le libellé a changé. Langue : français.
Comment personnaliser ChatGPT et gérer sa mémoire ? le guide complet
Gratuit, payant, ou chez vous.
Trois options, trois prix, trois statuts.
Un abonnement entreprise ne rend pas un certificat médical collable. Il change ce que le fournisseur s'engage à ne pas faire — et c'est précisément ce qu'il faut savoir avant de signer, ou de renoncer.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Chiffrer le coût annuel des trois options pour votre effectif, avec la base de calcul.
Compétence 2
Citer l'engagement de non-entraînement de chaque éditeur, et ce qu'il ne couvre pas.
Compétence 3
Distinguer ce qu'un abonnement règle de ce qui reste à votre charge (art. 9 et 19 LPD).
Devoir d'informer — Le responsable informe la personne concernée de la collecte, au minimum de son identité, de la finalité et des destinataires (art. Les autres mots du module sont au glossaire.
« On a pris des licences entreprise pour tout le bureau, en se disant que ça réglait la question. Six mois plus tard, un confrère me demande si j'ai un contrat de sous-traitance et une information client à jour. Ni l'un ni l'autre. J'avais payé la partie que je n'avais pas à faire, et pas fait la partie que personne ne pouvait faire à ma place. » — Nathalie Perruchoud, associée-gérante, Fiduciaire Perruchoud & Cie Sàrl, Sierre.
Section 01Ce qu'on achète, et ce qu'on n'achète pas
Trois options existent, et une seule d'entre elles fait sortir vos données de chez vous sans engagement écrit. Le grand public réglé (leçon 03) ne coûte rien et ne vous donne rien de contractuel : vous restez un utilisateur, pas un client sous contrat. La version entreprise se paie par utilisateur et par mois, et apporte un engagement publié de non-entraînement sur vos données. Le modèle local ne fait sortir aucune donnée, parce que rien ne quitte l'ordinateur : la licence est gratuite, le coût est le matériel.
Aucune des trois ne vous dispense de deux obligations qui restent les vôtres. Confier un traitement à un tiers suppose un contrat ou une base légale et les conditions de l'art. 9 al. 1 et 2 LPD. Et la personne dont vous traitez les données doit être informée de la finalité, de l'identité du responsable et des destinataires — c'est l'art. 19 LPD, que le prix d'un abonnement ne remplit pas. Payer déplace le risque du fournisseur ; il ne déplace pas votre devoir.
Le piège du nom qui change
L'offre d'équipe d'OpenAI ne s'appelle plus « Team » mais ChatGPT Business, et se vend par types de postes. Microsoft a renommé « Microsoft 365 Copilot » en « Microsoft Copilot ». Google a supprimé ses modules Gemini à part et les a intégrés aux forfaits Workspace. Un devis qui cite un nom d'offre disparu est un devis qui n'a pas été refait : demandez la page de tarification, pas le souvenir.
Le levier n'est pas le prix unitaire, c'est le nombre de postes
Quatre montants annuels, sur la même échelle
Quatre barres horizontales en francs par an, échelle de 0 à 3 400. Onze postes en facturation mensuelle : 2 693 francs. Onze postes en facturation annuelle : 1 923 francs. Trois postes en facturation annuelle : 525 francs. Modèle local : 0 franc de licence. L'écart le plus grand ne vient pas du mode de facturation mais du nombre de postes — de onze à trois, la dépense est divisée par près de quatre.
Section 02Le coût annuel, pour onze personnes
Le calcul, sur le bureau de Nathalie
Onze collaborateurs. Microsoft 365 Copilot Business au tarif annuel : 11 × 14.57 × 12 = 1 923 francs par an, hors TVA. Au prix normal de 17.00 €, 2 244 francs. En mensuel, 20.40 € : 2 693 francs. Le même bureau qui n'équiperait que les trois personnes traitant des dossiers clients paierait 525 francs par an au tarif annuel. Le levier n'est pas le prix unitaire, c'est le nombre de postes réellement concernés.
Le coût de l'inverse : le modèle local n'est pas gratuit
Zéro franc de licence ne veut pas dire zéro franc. La configuration recommandée par l'éditeur est de 16 Go de RAM et, sur Windows, 4 Go de mémoire vidéo dédiée : un poste de bureau courant ne les a pas toujours. Et quelqu'un doit installer, choisir un modèle et le mettre à jour. L'option « données chez vous » se paie en matériel et en compétence, pas en abonnement.
Section 03Les trois options, et l'engagement de chacune
Trois options, leur prix, et ce qu'aucune des trois ne remplace
Trois options, et deux obligations qui restent
Une carte mentale. Au centre, faire travailler une IA sur nos textes. Trois branches. Le grand public réglé : zéro franc, aucun engagement écrit. La version entreprise, avec trois offres nommées et leur prix par poste et par mois — Microsoft Copilot Business à 14.57 francs en annuel, ChatGPT Business à 21 euros en annuel, Google Workspace Standard à 13,60 euros. Les données chez vous, avec LM Studio, licence à zéro franc et 16 gigaoctets de mémoire vive recommandés, et Ollama sous licence MIT sans configuration minimale publiée. Une quatrième branche porte ce qu'aucune des trois ne remplace : l'art. 9 LPD sur la sous-traitance et l'art. 19 LPD sur l'information.
Ce que chaque éditeur écrit, mot pour mot
Section 04Votre outil : le Comparateur des trois options
Le problème qu'il résout : mettre un montant annuel en face de chaque option, pour votre effectif réel, sans refaire le calcul de tête. Comment s'en servir : indiquez le nombre de postes à équiper, puis lisez le coût annuel et ce que chaque option change. Rien ne sort de cette page — et les prix affichés portent leur date de relevé, parce qu'ils bougent.
Section 05Cas : onze licences, ou trois ?
Le bureau compte onze personnes, mais trois seulement traitent des dossiers clients ; les huit autres rédigent des courriers et des notes qui n'identifient personne. Votre mission : dans le Comparateur, calculez d'abord à 11 postes en engagement annuel, puis à 3 postes, et comparez les deux montants avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
1 923 francs contre 525 — et la différence ne se joue pas sur le prix
Ce que l'outil affiche. À onze postes, Microsoft Copilot Business en annuel donne 1 923 € par an — base affichée : 11 × 14,57 € × 12. À trois postes, 525 € par an — 3 × 14,57 × 12. L'écart est de 1 398 francs, et il ne vient d'aucune négociation : il vient de la question « qui, dans la maison, manipule réellement des données de clients ? ».
Ce que les huit autres postes font à la place. Rien de spécial : le grand public réglé de la leçon 03, gratuit, pour des textes qui n'identifient personne. Une trame de courrier, une reformulation, une question de méthode ne contiennent aucune des dix familles de la leçon 02. Payer une licence pour ces usages-là, c'est payer un engagement de non-entraînement sur des textes dont l'entraînement ne pose aucun problème.
Le calcul que l'outil refuse de faire. Il n'additionne pas les francs et les euros, et ne convertit pas. Les pages d'OpenAI et de Google s'affichent en euros depuis l'Europe ; les convertir au taux du jour produirait un nombre précis et faux dès le lendemain. Le comparatif dit donc « 21 € » et « à relever depuis la Suisse » — un chiffre honnête vaut mieux qu'un chiffre net.
Ce que le comparatif rappelle en bas, et qu'on préférerait oublier. Aucune des trois options ne remplace le contrat de sous-traitance de l'art. 9 LPD ni l'information des personnes de l'art. 19 LPD. C'est exactement ce qui a manqué à Nathalie : elle avait acheté l'engagement du fournisseur et cru qu'il valait pour le sien. Un abonnement règle ce que le fournisseur promet ; il ne signe rien à votre place.
Choisir le modèle local « parce que c'est gratuit »
Zéro franc de licence cache le matériel — 16 Go de RAM recommandés, 4 Go de mémoire vidéo dédiée sur Windows — et surtout quelqu'un qui installe, choisit un modèle, le met à jour et répond aux questions de l'équipe. Sur onze postes, cette personne coûte plus cher que 1 923 francs par an.
Ce que l'option a pour elle, et c'est décisif dans certains métiers. Sur un seul poste, celui qui traite les dossiers les plus sensibles, elle règle définitivement la question que les deux autres options ne font que contractualiser : la donnée ne sort pas. Pour un cabinet médical, une étude d'avocats ou un mandat sous accord de confidentialité, c'est souvent la seule réponse qui tienne devant le client.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Votre entreprise souscrit une offre professionnelle avec engagement de non-entraînement. Que reste-t-il à votre charge ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Comptez dans votre maison le nombre de postes qui touchent réellement des données de clients, puis passez ce nombre dans le Comparateur : vous saurez ce que coûte la version entreprise là où elle sert vraiment.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Trois options : grand public réglé (gratuit), version entreprise (par poste), modèle local (licence gratuite, matériel payant).
- Microsoft Copilot Business : 14.57 € par utilisateur et par mois en annuel, hors TVA, relevé le 29.09.2026.
- ChatGPT Business : 21 € le poste Standard en annuel — montant en francs encore à relever depuis la Suisse.
- Le levier n'est pas le prix unitaire, c'est le nombre de postes réellement concernés.
- Aucune option ne remplace le contrat de sous-traitance (art. 9 LPD) ni l'information (art. 19 LPD).
On n'achète pas la conformité : on achète un engagement, et on signe le reste.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Treize minutes de comparaison des forfaits prise par l'engagement contractuel, pas par la liste des fonctions : c'est la question de cette leçon. Réserve de cadre : le texte cité est le RGPD ; la leçon tient le même raisonnement sur la LPD et l'OPDo, et chiffre les trois options pour onze personnes. Langue : français.
Conformité RGPD ChatGPT et Claude : quel forfait choisir ?
Coller, c'est communiquer.
Et communiquer à l'étranger a ses règles.
Un copier-coller vers un service hébergé hors de Suisse est une communication de données à l'étranger au sens de la loi. Quarante-quatre entrées figurent sur la liste du Conseil fédéral ; les États-Unis n'y sont qu'à une condition, et elle se vérifie en deux minutes.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Citer les deux régimes de l'art. 16 LPD, et les cinq voies ouvertes quand l'État n'est pas sur la liste.
Compétence 2
Vérifier si un fournisseur américain est couvert par le cadre Suisse–États-Unis, sur la liste publique.
Compétence 3
Produire la demande écrite à envoyer au fournisseur, avec les bons articles, en six lignes.
Sous-traitant — La personne privée ou l'organe fédéral qui traite des données pour le compte du responsable (art. Les autres mots du module sont au glossaire.
« Je pensais que si c'était chiffré, c'était réglé. Un avocat m'a posé une seule question en séance : "dans quel pays vos données sont-elles traitées, et sur quelle base juridique ?" Je n'avais ni la réponse, ni l'idée qu'il fallait l'avoir. Ce n'était pas une question technique, c'était une question de droit. » — Yves Bonvin, mandataire, Fiduciaire Perruchoud & Cie Sàrl, Sierre.
Section 01Deux régimes, et un seul qui se lit sur une liste
La loi définit la communication comme « le fait de transmettre des données personnelles ou de les rendre accessibles » (art. 5 let. e LPD). Coller un texte dans un service hébergé hors de Suisse entre exactement dans cette définition. À partir de là, l'art. 16 LPD ouvre deux régimes seulement. Premier régime, al. 1 : le Conseil fédéral a constaté que l'État concerné offre un niveau de protection adéquat — et cette constatation ne se devine pas, elle se lit dans l'annexe 1 de l'OPDo, qui compte quarante-quatre entrées. Second régime, al. 2 : à défaut, la communication reste possible si un niveau approprié est garanti par l'une des cinq voies énumérées, et une seule d'entre elles est à la portée d'une PME sans juriste maison.
Le cas des États-Unis mérite d'être lu mot pour mot, parce qu'il est celui de la plupart des assistants. Ils figurent bien à l'annexe 1, en quarante-quatrième position, mais avec une réserve : un niveau de protection adéquat est réputé garanti pour les données traitées par les organisations certifiées conformément aux principes du cadre de protection des données entre la Suisse et les États-Unis. Autrement dit, ce n'est pas le pays qui est reconnu, c'est une liste d'entreprises à l'intérieur du pays — et cette liste est publique, consultable en deux minutes.
Les deux régimes de l'art. 16 LPD, et le seul qui se lit sur une liste
Les deux régimes de l'art. 16 LPD
Un arbre de décision. Au départ : je colle dans un service hébergé hors de Suisse. Premier losange : l'État est-il à l'annexe 1 de l'OPDo, qui compte 44 entrées ? Si oui, on aboutit à l'art. 16 al. 1 LPD, vert, rien de plus à construire. Une branche particulière porte « États-Unis » et mène à un second losange : l'organisation est-elle certifiée selon le cadre Suisse–États-Unis, volet suisse compris ? Si oui, on rejoint le vert ; si non, on tombe sur l'art. 16 al. 2 LPD et ses cinq garanties, en orange — comme lorsque l'État n'est pas du tout sur la liste. En dernier recours, en rouge, l'art. 17 et ses dérogations ponctuelles, qui ne sont pas une méthode.
L'alinéa qu'on oublie toujours : il faut le dire à la personne
L'art. 19 al. 4 LPD est explicite : lorsque des données personnelles sont communiquées à l'étranger, le responsable communique aussi à la personne concernée le nom de l'État ou de l'organisme international destinataire et, le cas échéant, les garanties de l'art. 16 al. 2 ou l'exception de l'art. 17 appliquée. Ce n'est pas une formalité de grande entreprise : c'est une ligne à ajouter dans votre déclaration de confidentialité, et elle suppose que vous connaissiez la réponse.
Le pays et la certification : quatre situations, une seule sans travail supplémentaire
Quatre situations, une seule sans travail supplémentaire
Une matrice à deux axes. En abscisse, le pays de traitement : à gauche, un État hors annexe 1 ; à droite, un État de l'annexe 1. En ordonnée, le fournisseur : en bas, non certifié ; en haut, certifié selon le cadre Suisse–États-Unis. Le quadrant en haut à droite, mis en évidence, est le seul où la communication relève de l'art. 16 al. 1 sans garantie à construire. Le quadrant en haut à gauche et celui en bas à droite renvoient à l'art. 16 al. 2 et à ses cinq voies. Le quadrant en bas à gauche est le plus exposé : art. 16 al. 2, ou à défaut art. 17.
Section 02Deux minutes de vérification, une fois par fournisseur
Le calcul, sur les fournisseurs du bureau
Trois outils d'IA en usage. Chercher chacun sur la liste publique du cadre Suisse–États-Unis prend deux minutes, et envoyer la demande écrite au fournisseur en prend trois : quinze minutes en tout, une fois, soit 10 francs à 40 francs de l'heure (7 024 francs bruts par mois ÷ 173,6 heures, OFS 2024). En face : une amende jusqu'à 250 000 francs, sur plainte, pour qui communique des données à l'étranger en violation de l'art. 16 al. 1 et 2 sans que les conditions de l'art. 17 soient remplies (art. 61 let. a LPD).
Le coût de l'inverse : se rabattre sur le consentement
L'art. 17 al. 1 let. a permet bien une communication si la personne concernée a expressément consenti. C'est une dérogation, pas une méthode : elle suppose un consentement libre, exprès et éclairé, recueilli avant chaque communication, et révocable. Bâtir tout l'usage de l'IA du bureau sur ce fil-là, c'est reporter sur le client une question qu'on n'a pas voulu traiter.
Section 03Les 4 gestes pour savoir où partent vos textes
Quatre gestes pour savoir où partent vos textes — et le dire aux personnes
Quatre gestes, et celui qu'on oublie
Une suite verticale de quatre étapes. Un : situer le traitement — où les données sont traitées, pas où se trouve l'entreprise. Deux : vérifier sur la liste publique, pas sur la page commerciale. Trois : demander par écrit les clauses types approuvées par le PFPDT, au sens de l'art. 16 al. 2 let. d. Quatre, mis en évidence : écrire le pays dans l'information donnée aux personnes concernées, comme l'exige l'art. 19 al. 4 LPD.
Situer, vérifier, demander, écrire
Section 04Votre outil : le Rédacteur de la question au fournisseur
Le problème qu'il résout : poser au fournisseur les quatre questions qui comptent, avec les bons articles, sans rédiger une lettre de juriste. Comment s'en servir : nommez l'outil et ce que vous lui confiez, cochez ce que vous avez déjà vérifié, puis copiez le message. Rien ne sort de cette page : l'outil n'envoie aucun courriel, il l'écrit — c'est vous qui décidez de l'envoyer.
Section 05Cas : « c'est chiffré, donc c'est bon »
Yves utilise un assistant dont l'éditeur est américain. La page commerciale annonce un chiffrement de bout en bout et un centre de données en Europe ; rien n'indique où le traitement a effectivement lieu, ni si l'entreprise est certifiée. Votre mission : dans le Rédacteur, choisissez « États-Unis » comme pays de traitement, laissez les quatre cases décochées, et lisez le verdict et le message produit avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
Orange — et le chiffrement n'entre nulle part dans le raisonnement
Ce que l'outil affiche. ORANGE : les États-Unis ne sont à l'annexe 1 que pour les organisations certifiées selon le cadre Suisse–États-Unis ; tant que la certification de ce fournisseur, volet suisse, n'est pas établie, on est à l'art. 16 al. 2 LPD et il faut l'une des cinq voies. Les notes internes listent ce qui reste : trouver la page du traitement, chercher l'entreprise sur la liste publique, vérifier le volet suisse, et écrire le pays dans l'information aux personnes.
Pourquoi le chiffrement ne change rien à l'affaire. Le chiffrement relève de la sécurité des données (art. 8 LPD, et art. 3 OPDo pour les mesures techniques). La communication à l'étranger relève des art. 16 et 17. Ce sont deux obligations distinctes : on peut être parfaitement chiffré et parfaitement hors des clous, comme on peut être en règle sur le transfert et négligent sur la sécurité. Confondre les deux est l'erreur la plus courante — et une réponse générique ne la corrige jamais, parce qu'elle parle de « sécurité » sans jamais nommer d'article.
Le détail qui sauve, et qu'il faut chercher exprès. Une organisation peut être certifiée pour l'Union européenne et pas pour la Suisse : ce sont des volets distincts du même cadre. Vérifier l'un et conclure pour l'autre revient à ne rien avoir vérifié. C'est pour cela que la troisième case existe séparément dans l'outil, et que la deuxième question du message le demande noir sur blanc.
Ce que l'outil ne fait pas, et ne fera pas. Il ne consulte aucune liste à votre place et n'envoie aucun message : il n'a accès ni à internet ni à votre messagerie depuis cette page. C'est la contrepartie directe de la promesse « rien ne sort » — et cela veut dire que le verdict vaut ce que vaut le pays que vous avez choisi dans le menu. Si vous ignorez le pays, la couleur reste orange, et c'est exact.
Invoquer le consentement du client pour se dispenser du reste
L'art. 17 al. 1 let. a autorise la communication à l'étranger si la personne a expressément consenti. Utilisé comme base générale, ce consentement devient une case à cocher dans un contrat, donc ni libre ni éclairé — et il s'effondre au premier examen sérieux, en emportant toute la construction avec lui.
Ce que la dérogation a pour elle, employée à sa place. Pour un cas isolé et clairement expliqué — un client qui demande lui-même une traduction urgente par un outil en ligne —, elle est faite exactement pour ça : ponctuelle, documentée, comprise. L'erreur n'est pas d'utiliser l'art. 17, c'est d'en faire le socle permanent d'une pratique quotidienne.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Les États-Unis figurent-ils à l'annexe 1 de l'OPDo comme offrant un niveau de protection adéquat ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Prenez l'outil d'IA que votre maison utilise le plus et cherchez son éditeur sur la liste publique du cadre de protection des données : en deux minutes, vous saurez sous quel régime vous travaillez depuis des mois.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Coller dans un service hébergé hors de Suisse est une communication à l'étranger (art. 5 let. e et 16 LPD).
- L'annexe 1 de l'OPDo compte 44 entrées : c'est une liste, pas une appréciation.
- Les États-Unis n'y sont que pour les organisations certifiées selon le cadre Suisse–États-Unis.
- Hors liste, l'art. 16 al. 2 n'ouvre que cinq voies — les clauses types du PFPDT étant la plus réaliste.
- L'art. 19 al. 4 impose de nommer l'État destinataire dans l'information aux personnes concernées.
Chiffré n'est pas conforme : ce sont deux articles différents.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Onze minutes sur les deux régimes d'un transfert : la décision d'adéquation d'un côté, les garanties contractuelles de l'autre. Deux réserves : la vidéo a été publiée en 2019, donc avant l'arrêt Schrems II et les clauses types de 2021 ; et le cadre de la leçon est la LPD suisse avec la liste des États tenue par le Conseil fédéral, pas le RGPD. La mécanique des deux régimes, elle, ne change pas. Langue : français.
Les transferts hors UE
Un fichier part entier.
Y compris ce que vous ne voyez pas à l'écran.
Le Trieur lit du texte. Un classeur téléversé, lui, emporte ses colonnes masquées, ses feuilles cachées, ses commentaires et le nom de son auteur — sans qu'aucun verdict ne s'affiche. Quatre clics suffisent à voir ce qui allait partir.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Ouvrir l'Inspecteur de document d'Excel et lire ce qu'il signale, en quatre clics.
Compétence 2
Expliquer pourquoi un fichier de mille lignes n'est pas un copier-coller en plus gros (art. 22 LPD).
Compétence 3
Produire une fiche de dépôt datée, à ranger dans le dossier, avec le Contrôleur de fichier.
Analyse d'impact (AIPD) — Obligatoire avant le traitement lorsque celui-ci est susceptible d'entraîner un risque élevé — notamment en cas de traitement de données sensibles à grande échelle (art. Les autres mots du module sont au glossaire.
« J'ai déposé mon fichier clients pour demander une segmentation par chiffre d'affaires. Quatre colonnes m'intéressaient. Le classeur en avait dix-huit, dont trois que j'avais masquées il y a deux ans et complètement oubliées. Je n'ai pas envoyé quatre colonnes : j'en ai envoyé dix-huit, sur mille deux cent quarante lignes. » — Nathalie Perruchoud, associée-gérante, Fiduciaire Perruchoud & Cie Sàrl, Sierre.
Section 01Ce qu'un classeur emporte sans le montrer
Un copier-coller n'envoie que ce que vous avez sélectionné. Un fichier envoie le fichier — c'est-à-dire tout ce qu'il contient, y compris ce que l'affichage ne montre pas. Trois couches échappent au regard. Le masqué : lignes et colonnes cachées, feuilles de calcul cachées, texte masqué, lignes écartées par un filtre. L'attaché : commentaires, révisions et annotations, en-têtes et pieds de page, données XML personnalisées. L'identifiant du fichier lui-même : propriétés du document et informations personnelles — nom de l'auteur, chemin d'enregistrement, parfois le nom du serveur de la maison.
Microsoft met à disposition l'outil qui les révèle toutes, et il est dans le logiciel que vous avez déjà : Fichier > Informations > Vérifier la présence de problèmes > Inspecter le document. Il signale notamment, pour un classeur, les lignes et colonnes cachées et les feuilles de calcul cachées. À l'échelle d'un fichier clients, la question change aussi de nature en droit : l'art. 22 al. 2 let. a LPD qualifie de risque élevé le traitement de données sensibles à grande échelle et impose alors une analyse d'impact préalable. Mille deux cent quarante lignes ne sont pas un copier-coller en plus gros : c'est un autre régime.
Le piège du « j'ai supprimé la colonne »
Masquer n'est pas supprimer, et filtrer encore moins : la donnée reste dans le fichier, lisible par n'importe quel programme qui l'ouvre. La seule suppression qui compte est celle qu'on fait sur une copie, colonne effacée puis classeur enregistré sous un autre nom — jamais sur l'original.
Section 02Quatre clics contre une annonce au PFPDT
Le calcul, sur les dépôts de Nathalie
Inspecter un classeur et en faire une copie propre prend quatre minutes. Le bureau dépose un fichier par mois dans un outil d'IA : douze fichiers par an, 48 minutes, soit 32 francs à 40 francs de l'heure (7 024 francs bruts par mois ÷ 173,6 heures, OFS 2024). En face, une seule violation de sécurité entraînant vraisemblablement un risque élevé déclenche l'annonce au PFPDT « dans les meilleurs délais » (art. 24 al. 1 LPD), l'information des personnes concernées, et l'explication à mille deux cent quarante clients.
Le coût de l'inverse : n'envoyer jamais aucun fichier
Une interdiction totale de téléverser coûte réellement quelque chose : la segmentation que Nathalie voulait faire en dix minutes lui prend deux heures à la main, et elle finit par ne pas la faire du tout. Le but n'est pas de renoncer au fichier, c'est de n'envoyer que les colonnes de la question — quatre sur dix-huit, dans une copie créée pour l'occasion.
Dix-huit colonnes déposées sans le vouloir, quatre après quatre minutes de travail
Dix-huit colonnes, puis quatre
Une pente entre deux points, sur un axe qui part de zéro et monte à 20 colonnes. À gauche, le classeur tel quel : 18 colonnes, dont 3 masquées. À droite, la copie effectivement déposée : 4 colonnes, celles que la question demande. La descente représente 14 colonnes qui n'avaient aucune raison de sortir — c'est la proportionnalité de l'art. 6 al. 2 LPD, lue en colonnes.
Section 03Les 4 gestes avant de déposer un fichier
Quatre gestes avant de déposer un fichier, et un chemin de menu exact
Quatre gestes avant de déposer un fichier
Une suite verticale de quatre étapes. Un, mis en évidence : inspecter, par le chemin Fichier, Informations, Vérifier la présence de problèmes, Inspecter le document. Deux : extraire une copie limitée aux colonnes de la question, au titre de l'art. 6 al. 2 LPD. Trois : nettoyer cette copie — pseudonymes, propriétés du document, aucune feuille cachée. Quatre, mis en évidence lui aussi : tracer le dépôt par une fiche datée et visée, rangée au dossier du mandat.
Inspecter, extraire, nettoyer, tracer
Section 04Votre outil : le Contrôleur de fichier avant téléversement
Le problème qu'il résout : décider si un fichier peut être déposé, et garder la trace de cette décision. Comment s'en servir : nommez le fichier, cochez ce que vous avez vraiment vérifié, lisez le verdict en trois couleurs, puis copiez la fiche de dépôt dans votre dossier. Aucun fichier n'est envoyé nulle part : l'outil ne lit pas votre classeur, il vous fait le regarder — c'est vous qui répondez, et c'est vous qui signez.
Section 05Cas : le fichier clients de Nathalie
Le classeur clients_2026.xlsx compte 1 240 lignes et 18 colonnes, dont trois masquées : numéro AVS, revenu du conjoint, remarques du mandataire. Nathalie veut une segmentation par chiffre d'affaires — quatre colonnes lui suffisent. Votre mission : remplissez le Contrôleur avec ces valeurs, cochez la case « numéros AVS, IBAN ou identifiants » et laissez les quatre contrôles décochés, puis lisez le verdict avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
Rouge, puis vert — et entre les deux, quatre minutes de travail
Ce que l'outil affiche d'abord. Verdict ROUGE — NE PAS TÉLÉVERSER, motif : le fichier contient encore des numéros AVS, IBAN ou identifiants, art. 6 al. 2 et art. 8 LPD. La fiche ajoute deux lignes que Nathalie n'attendait pas. L'échelle : 1 240 lignes, et si le fichier porte des données sensibles, l'art. 22 al. 2 let. a LPD impose une analyse d'impact préalable — préalable, c'est-à-dire avant le dépôt, pas après l'incident. La proportionnalité : quatre colonnes sont utiles, donc la copie déposée ne doit en contenir aucune autre (art. 6 al. 2 LPD).
Ce que Nathalie fait, et combien ça prend. Elle passe l'Inspecteur (quatre clics), voit les trois colonnes masquées, crée une copie avec quatre colonnes seulement, remplace les raisons sociales par « Client 001 » à « Client 1240 » et retire les propriétés du document. Quatre minutes. Elle recoche : les quatre contrôles sont faits, aucune catégorie rouge ne subsiste. Le verdict passe au VERT — DÉPÔT POSSIBLE, et la fiche datée part dans le dossier du mandat.
Pourquoi l'outil ne fixe aucun seuil de lignes. La loi n'en donne pas : l'art. 22 al. 2 let. a LPD parle de « grande échelle » sans chiffre. L'outil avertit dès 500 lignes et le dit explicitement — il n'invente pas un seuil. C'est la différence entre citer une loi et la résumer : un seuil inventé rassurerait, et ce serait exactement l'erreur qu'on reproche aux réponses génériques.
Ce que l'outil ne fait pas, et c'est délibéré. Il ne lit pas votre fichier. Il ne peut donc pas savoir si vous avez coché honnêtement — il vous croit sur parole, et la fiche porte votre visa, pas le sien. C'est un inconvénient réel : un collaborateur pressé coche tout et obtient un vert immédiat. C'est aussi le seul moyen de garantir ce que promet la page — aucun fichier n'est envoyé — et entre un outil qui lit vos données pour vous protéger et un outil qui ne les lit jamais, le choix est vite fait.
Masquer les colonnes au lieu de les supprimer
Une colonne masquée reste dans le fichier et se réaffiche en deux clics chez celui qui le reçoit : le geste ne protège rien, il donne seulement l'impression d'avoir protégé. Seule une copie dont la colonne est effacée puis enregistrée sous un autre nom fait disparaître la donnée.
Ce que le masquage a pour lui. À l'intérieur de la maison, il est parfait : il allège l'écran sans détruire une donnée dont on aura besoin au bouclement. L'erreur n'est pas de masquer, elle est de croire que masquer vaut pour l'extérieur — et un outil d'IA, même avec un compte payant, est l'extérieur.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Vous masquez trois colonnes d'un classeur avant de le déposer dans un outil d'IA. Que contient le fichier envoyé ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Ouvrez le dernier classeur que vous avez envoyé à quelqu'un et passez-lui l'Inspecteur de document : vous verrez en quatre clics ce qui est parti avec, et vous saurez s'il faut prévenir.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Un fichier part entier : masqué, attaché et propriétés compris.
- L'Inspecteur de document se trouve en quatre clics, gratuitement, dans Excel et Word.
- On dépose une copie limitée aux colonnes de la question (art. 6 al. 2 LPD).
- À grande échelle et sur des données sensibles, l'analyse d'impact est préalable (art. 22 al. 2 let. a LPD).
- La fiche de dépôt datée est ce qui vous permettra de répondre sans reconstituer de mémoire.
On n'envoie pas quatre colonnes : on envoie un fichier.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Quatorze minutes pour voir de ses yeux ce qu'un fichier emporte sans le montrer à l'écran : ici les données EXIF d'une photo — appareil, date, parfois la position. Le classeur de cette leçon fonctionne pareil, avec ses feuilles masquées, ses colonnes cachées et ses propriétés d'auteur. Le geste montré est celui de la section 03 : on ouvre le fichier avant de le déposer. Langue : français.
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Glossaire :
ce qu'on peut coller, et ce qu'on ne colle jamais.
15 termes pour parler de données et d'IA avec les mots du droit suisse, chacun avec sa source vérifiable — puis les six outils du module et tous les chiffres employés, avec leur base.
Glossaire15 termes clés
Quatre textes de loi fondent les quinze termes du glossaire — et la LPD n'en couvre que dix
Quinze termes, quatre textes de loi
Cinq colonnes sur une échelle de 0 à 12 termes. La loi sur la protection des données en fonde 10. Le Code pénal en fonde 2. L'ordonnance sur la protection des données en fonde 1. Le Code des obligations en fonde 1. Le Préposé fédéral en fonde 1. Total : 15 termes. La LPD domine, mais elle ne couvre ni le dossier du personnel ni le secret d'affaires.
Donnée personnelle
Toute information concernant une personne physique identifiée ou identifiable. Un texte sans nom peut en contenir : une date de naissance, un code postal et une profession suffisent souvent à désigner une seule personne (art. 5 let. a LPD).
Source : Fedlex — LPD (RS 235.1) ↗Donnée sensible
Liste fermée de six catégories : convictions religieuses, philosophiques, politiques ou syndicales ; santé, sphère intime ou origine ; données génétiques ; données biométriques ; poursuites et sanctions ; mesures d'aide sociale (art. 5 let. c LPD).
Source : Fedlex — LPD, art. 5 ↗Communication
Le fait de transmettre des données personnelles ou de les rendre accessibles (art. 5 let. e LPD). Coller un texte dans un service en ligne est une communication — et si le service est hébergé hors de Suisse, une communication à l'étranger.
Source : Fedlex — LPD, art. 5 ↗Proportionnalité
Tout traitement doit être conforme aux principes de la bonne foi et de la proportionnalité (art. 6 al. 2 LPD). C'est l'article qui rend inutile — donc illicite — de coller un numéro AVS ou un IBAN dans une demande qui n'en a pas besoin.
Source : Fedlex — LPD, art. 6 ↗Consentement exprès
Le consentement doit être exprès lorsqu'il s'agit d'un traitement de données sensibles (art. 6 al. 7 let. a LPD). Un accord tacite ou une case déjà cochée ne suffisent pas — et un client n'a jamais consenti à ce que son certificat médical passe dans un assistant.
Source : Fedlex — LPD, art. 6 ↗Sous-traitant
La personne privée ou l'organe fédéral qui traite des données pour le compte du responsable (art. 5 let. k LPD). Un éditeur d'IA à qui vous confiez des textes en est un : l'art. 9 exige un contrat ou une base légale, et son al. 3 impose votre autorisation préalable pour toute sous-traitance ultérieure.
Source : Fedlex — LPD, art. 9 ↗Annexe 1 de l'OPDo
La liste des États, territoires, secteurs et organismes internationaux dans lesquels un niveau de protection adéquat est garanti — 44 entrées, état au 15.09.2024. Les États-Unis y figurent en 44e position, uniquement pour les organisations certifiées selon le cadre Suisse–États-Unis.
Source : Fedlex — OPDo (RS 235.11) ↗Garanties de l'art. 16 al. 2 LPD
Les cinq voies ouvertes quand l'État destinataire n'est pas sur la liste : traité international ; clauses contractuelles préalablement communiquées au PFPDT ; garanties spécifiques ; clauses types approuvées, établies ou reconnues par le PFPDT ; règles d'entreprise contraignantes approuvées.
Source : Fedlex — LPD, art. 16 ↗Devoir d'informer
Le responsable informe la personne concernée de la collecte, au minimum de son identité, de la finalité et des destinataires (art. 19 al. 2 LPD). En cas de communication à l'étranger, il communique en plus le nom de l'État et la garantie ou l'exception invoquée (art. 19 al. 4).
Source : Fedlex — LPD, art. 19 ↗Analyse d'impact (AIPD)
Obligatoire avant le traitement lorsque celui-ci est susceptible d'entraîner un risque élevé — notamment en cas de traitement de données sensibles à grande échelle (art. 22 al. 2 let. a LPD). La loi ne fixe aucun seuil chiffré de lignes ou de personnes.
Source : Fedlex — LPD, art. 22 ↗Annonce d'une violation
Le responsable annonce « dans les meilleurs délais » au PFPDT les violations entraînant vraisemblablement un risque élevé (art. 24 al. 1 LPD). Le droit suisse ne fixe pas de délai de 72 heures, et l'autorité destinataire est le PFPDT.
Source : Fedlex — LPD, art. 24 ↗Secret d'affaires (art. 162 CP)
Révéler un secret de fabrication ou un secret commercial qu'on est tenu de garder en vertu d'une obligation légale ou contractuelle est puni, sur plainte, d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire.
Source : Fedlex — Code pénal (RS 311.0) ↗Secret professionnel pénal (art. 321 CP)
Il ne protège pas tout le monde : l'article vise une liste fermée — ecclésiastiques, avocats, notaires, conseils en brevet, contrôleurs astreints au secret par le CO, médecins, dentistes, pharmaciens, psychologues, infirmiers et quelques autres, avec leurs auxiliaires. Un fiduciaire ordinaire n'y figure pas.
Source : Fedlex — Code pénal, art. 321 ↗Données du travailleur (art. 328b CO)
L'employeur ne peut traiter des données concernant le travailleur que dans la mesure où elles portent sur ses aptitudes à remplir son emploi ou sont nécessaires à l'exécution du contrat. C'est l'article qui borne ce qu'un dossier du personnel peut contenir — et ce qu'il ne peut pas sortir.
Source : Fedlex — Code des obligations (RS 220) ↗Pseudonymisation et légende
Remplacer un nom par une étiquette stable (« Client A ») en conservant ailleurs la table de correspondance. Le texte reste exploitable, la personne n'est plus identifiable dans la demande — à condition que la légende ne soit jamais écrite dans la conversation.
Source : PFPDT — IA au quotidien ↗Les outilsLes six outils du module, et ce que chacun produit
Le Trieur « puis-je coller ça ? » — leçon 01
Analyse un texte dans le navigateur et rend un verdict en trois couleurs, avec l'article qui classe chaque élément. Livrable : le texte anonymisé, copiable, et la légende des pseudonymes. Gratuit, sans compte, aucun envoi.
Le Carnet de correspondance — leçon 02
Remet les vrais noms dans une réponse anonymisée, et signale tout pseudonyme absent de la légende. Livrable : le texte final, nominatif, sans interversion. Fonctionne aussi à l'envers.
La Check-list des réglages — leçon 03
Consigne les quatre réglages d'entraînement et les trois limites que ces réglages ne lèvent pas. Livrable : un relevé daté avec son échéance à six mois, à classer au dossier.
Le Comparateur des trois options — leçon 04
Chiffre le coût annuel du grand public réglé, de la version entreprise et du modèle local, pour votre effectif. Livrable : un comparatif daté avec la base de calcul et ce qu'aucune option ne remplace.
Le Rédacteur de la question au fournisseur — leçon 05
Écrit les cinq questions à poser sur le lieu de traitement et les garanties, avec les articles. Livrable : un courriel prêt à envoyer, et des notes internes sur ce qui reste à vérifier.
Le Contrôleur de fichier — leçon 06
Décide si un classeur peut être déposé, et trace la décision. Livrable : une fiche de dépôt datée et visée, avec l'échelle et la proportionnalité rappelées.
Le Générateur de charte — leçon 07
Produit la règle d'une page à afficher : ce qu'on utilise, ce qu'on ne colle jamais, ce qu'on fait à chaque fois, et ce que la charte ne remplace pas. Livrable : la charte datée, avec sa révision à six mois.
Les chiffresTous les chiffres du module, avec leur base
48 % — le geste, mesuré
Des personnes en emploi déclarent avoir déposé des informations de leur entreprise dans un outil d'IA public. Base : 32 352 salariés sur 48 340 répondants, 47 pays dont la Suisse, terrain de novembre 2024 à mi-janvier 2025.
University of Melbourne & KPMG, avril 2025 ↗67 % contre 33 % — l'interdiction
Le dépôt est plus fréquent là où l'IA générative est interdite (67 %) que là où aucune politique n'existe (33 %). Même enquête, même base. Les auteurs précisent que le chiffre global est probablement un plancher, l'enquête étant déclarative.
University of Melbourne & KPMG, avril 2025 ↗Un tiers — les règles en Suisse
Seul un tiers des entreprises suisses qui utilisent l'IA dispose d'une règle claire de protection des données pour ces applications ; 23 % chez les entreprises de 5 à 9 collaborateurs. Base : 300 PME alémaniques et romandes, terrain du 3 au 10 mars 2025.
AXA Suisse / Sotomo, 08.10.2025 ↗40 francs de l'heure — la base des calculs
7 024 francs bruts par mois (salaire médian suisse, plein temps, secteurs privé et public) divisés par 173,6 heures mensuelles, soit 40 h 04 par semaine × 52 ÷ 12. Tous les montants en francs du module reposent sur cette base.
OFS — ESS 2024 ↗18 mois et 3 ans — la conservation
L'activité Gemini est supprimée automatiquement au bout de 18 mois par défaut (réglable sur 3 ou 36). Les discussions examinées par des réviseurs humains sont conservées jusqu'à trois ans et ne sont pas supprimées quand vous supprimez votre activité.
Google — Confidentialité Gemini, mise à jour 29.06.2026 ↗14.57 € et 21 € — les prix
Microsoft Copilot Business : 14.57 € par utilisateur et par mois en annuel, hors TVA (tarif promotionnel face à 17.00 €), 20.40 € en mensuel — page suisse. ChatGPT Business, poste Standard : 21 € en annuel, 26 € en mensuel — page affichée en euros. Relevés le 29.09.2026.
Microsoft Suisse ↗44 entrées et 5 voies — la loi
L'annexe 1 de l'OPDo compte 44 entrées (état au 15.09.2024) ; l'art. 16 al. 2 LPD ouvre cinq voies quand l'État n'y figure pas. L'amende de l'art. 61 LPD va jusqu'à 250 000 francs, sur plainte, et vise la personne privée.
Fedlex — OPDo et LPD ↗8 types et 4 clics — le fichier
L'Inspecteur de document signale au moins huit types d'informations masquées, dont les lignes et colonnes cachées et les feuilles de calcul cachées. Chemin : Fichier > Informations > Vérifier la présence de problèmes > Inspecter le document. Relevé le 30.09.2026.
Microsoft — Inspecteur de document ↗0 franc — le modèle local
LM Studio est gratuit, usage professionnel compris depuis le 08.07.2025. Configuration annoncée : macOS 14 ou plus récent sur Apple Silicon, Windows x64 avec AVX2 ou ARM, Ubuntu 20.04 ou plus récent ; 16 Go de RAM recommandés, 4 Go de mémoire vidéo dédiée sur Windows. Ollama est sous licence MIT mais ne publie aucune configuration minimale.
LM Studio — configuration requise ↗Une page affichée au mur.
C'est tout ce qui reste d'une formation qui a servi.
Les six leçons se rejoignent ici : un texte trié, une réponse récupérée, des réglages datés, un coût annuel arbitré, un pays vérifié, un fichier inspecté. Ce qui tient tout cela ensemble tient sur une page — et cette page se produit en trois minutes.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Enchaîner les six outils sur un cas réel, du texte brut à la trace écrite.
Compétence 2
Rédiger la charte « IA et données » de votre maison, sur une page, avec les articles qui la fondent.
Compétence 3
Répondre à un client qui demande ce que vous faites de ses données, sans supposer.
« On a affiché la page à côté de la machine à café. Pas dans un classeur : au mur. Depuis, quand quelqu'un hésite, il ne me demande plus — il lève les yeux. C'est le seul document de la maison que tout le monde a lu. » — Nathalie Perruchoud, associée-gérante, Fiduciaire Perruchoud & Cie Sàrl, Sierre.
Section 01Ce qui reste d'une formation, six mois plus tard
Six mois après une séance, personne ne se souvient d'un article de loi. Ce qui reste, c'est ce qui est affiché et ce qui est outillé. C'est pourquoi cette dernière leçon ne récapitule pas des idées : elle enchaîne les six outils sur les trois gestes réels du bureau, puis produit la seule chose qui survivra — une page.
Le chiffre qui justifie l'exercice est celui de la leçon 01, et il mérite d'être relu à l'envers : le dépôt d'informations d'entreprise dans une IA publique est le plus fréquent là où l'IA générative est interdite (67 %), et le moins fréquent là où il n'y a aucune règle (33 %). Une interdiction seule aggrave le problème. Ce qui le règle, c'est une règle praticable : elle dit ce qu'on peut faire, pas seulement ce qu'on ne peut pas, et elle donne l'outil qui permet de la suivre en dix secondes.
Le piège de la charte de douze pages
Une charte que personne ne lit ne protège personne, et elle donne en prime le sentiment d'avoir traité la question. La règle utile tient sur une page, se lit en deux minutes, nomme les outils du bureau et leur prix, et porte une date. Tout ce qui dépasse appartient au dossier, pas au mur.
Le tour se referme tous les six mois — sinon le relevé se périme tout seul
Un tour qui se referme tous les six mois
Un cycle à quatre temps, dont la dernière flèche revient au point de départ. Relever les réglages et les dater. Travailler avec le Trieur et le Carnet. Tracer les dépôts de fichiers. Réviser la charte à six mois — cette dernière étape est mise en évidence, et c'est elle qui ramène au premier temps.
Section 02Le total du module, chiffré
Le calcul, sur le bureau de Sierre
Leçon 01 : 29 minutes de tri rendues chaque semaine, soit 23 heures par an. Leçon 02 : 34 minutes par semaine sur la remise des noms, soit 27 heures. Leçon 06 : 48 minutes par an d'inspection de fichiers, en dépense. Total net : environ 49 heures rendues par an, près de 1 960 francs à 40 francs de l'heure (7 024 francs bruts par mois ÷ 173,6 heures, OFS 2024) — sur 47 semaines travaillées, pour un bureau de onze personnes dont trois traitent des dossiers clients.
Le coût de l'inverse : la charte qui ne cite aucun outil
« Ne collez pas de données sensibles dans l'IA » est une phrase juste et inapplicable : personne ne sait où s'arrête la catégorie, et personne n'a dix minutes pour le vérifier. Une règle sans outil produit exactement le résultat mesuré plus haut — les 67 %. Le nom de l'outil, son adresse et son prix font partie de la règle, pas de l'annexe.
Section 03Les six outils, enchaînés sur une vraie journée
Six outils, six livrables, et la page qui les tient ensemble
Six outils, un livrable chacun, et la charte
Une suite de sept marches qui progressent vers la droite. Un : le Trieur, qui rend le texte nettoyé. Deux : le Carnet, qui remet les noms. Trois : la Check-list, qui rend un relevé daté. Quatre : le Comparateur, qui rend un coût annuel. Cinq : le Rédacteur, qui rend un courriel prêt à envoyer. Six : le Contrôleur, qui rend une fiche de dépôt. Sept, mise en évidence : la charte, une page, affichée.
Du texte brut à la page affichée
Section 04Votre outil : le Générateur de charte « IA et données »
Le problème qu'il résout : sortir de la séance avec la page à afficher, pas avec l'intention de l'écrire. Comment s'en servir : renseignez votre maison et ce que vous autorisez, puis copiez la charte. Elle tient sur une page, cite les articles qui la fondent et porte sa date de révision. Rien ne sort de cette page : la charte est écrite dans votre navigateur et n'existe nulle part ailleurs tant que vous ne l'avez pas copiée.
Section 05Cas fil rouge : la journée de la Fiduciaire Perruchoud
Onze personnes, trois qui traitent des dossiers clients. Yves veut un résumé de situation, Sonia doit récupérer une réponse anonymisée, Nathalie veut déposer son fichier clients. Personne n'a jamais ouvert un réglage, et le bureau n'a pas de règle écrite. Votre mission : renseignez le Générateur avec ces données — maison, signataire, un outil grand public réglé pour les textes courants, une version entreprise à trois postes pour les dossiers —, laissez les cinq premières décisions cochées, décochez la sixième, puis produisez la charte avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
Une page, quatre interdits, cinq gestes — et ce que la page dit qu'elle ne fait pas
Ce que l'outil affiche. Le verdict passe au vert dès cinq décisions sur six : « la charte est complète et tient sur une page. Imprimez-la et affichez-la — un classeur ne se lit pas. » La page produite comporte quatre blocs. Ce qu'on utilise, avec les deux outils nommés. Ce qu'on ne colle jamais, quatre lignes seulement, chacune suivie de son article — santé (art. 5 let. c ch. 2 LPD), numéros et clés (art. 6 al. 2 et 8 LPD), dossier du personnel (art. 328b CO), secret d'affaires (art. 162 CP). Ce qu'on fait à chaque fois, les cinq gestes cochés. Et en cas de doute.
Les trois gestes du bureau, repassés dans l'ordre. Le paragraphe d'Yves : le Trieur le classe rouge à cause du motif de l'absence, pas du nom ; reformulé sans le fait médical, il devient vert, et la question posée n'a rien perdu. La réponse de Sonia : le Carnet remet deux noms sur deux et signale un « Client C » absent de la légende — un contrôle qui vaut, à lui seul, le courrier qu'elle avait envoyé de travers. Le fichier de Nathalie : l'Inspecteur révèle trois colonnes masquées, la copie descend de dix-huit à quatre colonnes, et la fiche de dépôt datée part au dossier. Trois gestes, trois livrables, et pas un seul qui demande de renoncer à l'IA.
La sixième décision, et pourquoi elle reste décochée. « Une option données chez vous est installée sur le poste le plus sensible » suppose un matériel — 16 Go de RAM, 4 Go de mémoire vidéo dédiée sur Windows — et quelqu'un pour l'installer et la maintenir. Le bureau ne l'a pas encore. La charte le dit en creux plutôt que de promettre : une règle qui annonce ce qui n'existe pas se décrédibilise dès la première semaine. Elle se cochera le jour où le poste sera équipé, et la date de version le montrera.
Ce que la charte dit qu'elle ne remplace pas, et c'est le bloc le plus important. Le contrat de sous-traitance de l'art. 9 al. 1 et 2 LPD. L'information des personnes concernées, y compris le nom de l'État destinataire en cas de communication à l'étranger (art. 19 al. 4 LPD). Et un conseil juridique sur une situation particulière. Une charte qui prétendrait couvrir ces trois-là ferait exactement ce que fait une réponse générique : rassurer sans base.
Ce que l'outil ne fait pas. Il ne connaît ni votre branche ni vos mandats. Un cabinet médical, une étude d'avocats ou un office de révision relèvent en plus du secret professionnel pénal de l'art. 321 CP, qui vise une liste fermée de professions ; la charte générée ne le mentionne pas, parce qu'elle ne sait pas qui vous êtes. C'est à ajouter à la main, en une ligne, et c'est le seul endroit où cette page demande une relecture par quelqu'un qui connaît votre métier.
Écrire la charte, la classer, et ne jamais l'afficher
Une règle rangée dans un dossier qualité a le même effet qu'une interdiction : elle existe pour l'audit et pas pour le travail. Les 67 % mesurés là où l'IA est interdite mesurent précisément cela — des règles qui ne descendent pas jusqu'au poste de travail.
Ce que le classement a pour lui, quand même. Le dossier reste nécessaire : c'est là que vivent la fiche de dépôt, le relevé des réglages et la réponse du fournisseur, et c'est là qu'un réviseur les cherchera. La charte, elle, n'a rien à y faire seule — elle se classe et s'affiche, et c'est l'affichage qui la rend vraie.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Que montre la comparaison entre les 67 % et les 33 % de l'enquête citée dans cette leçon ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Imprimez la charte que vous venez de produire et affichez-la là où l'équipe travaille, pas dans un classeur : c'est le seul geste de ce module dont l'effet se mesure sans outil.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Une interdiction sans outil aggrave le problème : 67 % contre 33 %.
- La règle utile tient sur une page, nomme les outils et porte une date de révision.
- Quatre interdits suffisent : santé, numéros et clés, dossier du personnel, secret d'affaires.
- La charte ne remplace ni l'art. 9 (sous-traitance) ni l'art. 19 (information).
- Le module rend environ 49 heures par an à un bureau de onze personnes — base au § 2.
Une règle qu'on ne peut pas suivre en dix secondes n'est pas une règle : c'est un alibi.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Quatorze minutes d'entretien sur la charte d'usage de l'IA : ce qu'on y écrit, ce qu'on n'y écrit pas, et pourquoi une règle qui promet ce que le bureau n'a pas ne tient pas six mois. C'est le livrable du Générateur de charte, discuté du côté de celui qui doit la faire appliquer. Langue : français.
Créer une charte d’utilisation de l’IA : bâtir un cadre de confiance - PODCAST
Validez vos acquis :
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Dix questions sur les sept leçons, auto-corrigées, réponses justifiées. Seuil de réussite : 70 %, soit 7 bonnes réponses sur 10.
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